fbpx

La parole est à Dr. Dominique Kerremans

Dominique Kerremans, ophtalmologue belge a passé un mois au Cameroun, à bord de l’Africa Mercy, début 2018 où elle était ‘senior ophtalmic technician’. Avec l’équipe formée aux soins des pathologies de l’œil, elle partait chaque matin à la recherche de personnes atteintes de forte cataracte, ce afin de déterminer quels patients pourraient subir une intervention gratuite sur le navire-hôpital.

Un autre type de cataracte qu’en Belgique

« Au Cameroun, l’on rencontre un autre type de cataracte que celui dépisté dans le monde occidental. Très souvent, il s’agit de cas de cataracte avancée, chez des personnes dont l’acuité visuelle est réduite à 1 ou 2/10 par l’ opacification du cristallin. A ce stade, le patient est quasiment aveugle. »

« Une autre partie de ma tâche d’ophtalmologue était de suivre les patients après l’opération. En cas de problème ou de rétablissement compliqué,  il est en effet essentiel d’intervenir immédiatement. Ainsi, nous garantissons une bonne issue des opérations. »

« Dès lors, le travail est très dissemblable de celui en Belgique. Chez moi, par exemple, je travaille seule, tandis qu’à bord de Mercy Ships, nous opérions en équipe, ce qui rendait le travail agréable et efficace. En effet, de cette manière, j’étais à même d’accomplir ma part de travail et les à-côtés, tels que l’administration par exemple étaient pris en charge par autrui. »

Une décision de haute importance

« Mercy Ships envisage de venir en aide au plus grand nombre de personnes. Cependant, il est impossible d’opérer tout le monde. Dès lors, nous suivons la directive de secourir ceux qui sont le plus mal en point. Une personne dont l’acuité visuelle  n’est que de 1/10 ou moins entre en ligne de compte, alors que celle qui a une vision de 2/10 ne sera pas opérée. Il s’agit là d’une lourde décision qu’il n’est pas aisé de communiquer à un patient, même s’il est très malvoyant. »

« J’espère pratiquer des opérations chirurgicales à l’avenir. C’est pourquoi j’ai suivi avec beaucoup d’attention le Dr. Glenn Strauss, qui depuis de longues années dirige la section ophtalmologie. Mercy Ships utilise une technique spécifique et ce n’est que lorsque je l’aurai maîtrisée que je pourrai effectuer des opérations. A ce moment-là, notre équipe se sera enrichie d’un chirurgien. »

Les égos s’estompent

« Travailler comme volontaire à bord de l’Africa Mercy a été pour moi une expérience fantastique.  Le sentiment d’appartenance y était incroyablement fort. Nul ne se sent supérieur à autrui. Chacun s’active à assister comme volontaire ceux qui en ont besoin. Il y a beaucoup de marge pour la consultation et les bonnes idées, quel que soit le rang dans la hiérarchie. »

« Jeunes et vieux venant des quatre coins du monde et jamais je n’ai entendu une seule parole dure. Unis devant un objectif commun, les volontaires perdent de vue leur égo, me semble-t-il. Voilà un sentiment libérateur très difficile à décrire. Toujours est-il qu’il a élargi mon univers. »

« A présent, je relativise davantage les petits problèmes auxquels nous sommes confrontés en Belgique. J’ai travaillé dur au Cameroun, mais je suis rentrée, gonflée à bloc. A ceux qui hésitent à s’engager pour Mercy Ships, faites le pas ! J’ai reçu tellement davantage que ce que j’en attendais! »